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L' espace littéraire: paradis du solipsisme ou arène sociale? - Les theories dominantes de l’espace littéraire— d’origine phénoménologique et herméneutique— ont tendance a réduire cette catégorie de l’espace a celles du temps et d’une conscience de soi présumée autonome. Le texte, souvent dépourvu de son caractère matériel, est l’objet d’un acte interprétatif et révélateur qui se croit exempté de tout facteursocial de pouvoir ou de competence. Par contre, des auteurs comme Eagleton ou Hohendahl, s’appuyant sur des concepts sociologiques (institution, legitimation, espace public), nous invitent a récrire l’histoire des discours littéraires et critiques au point de vue des valeurs culturelles et des conflits d’intérêts quis’y produisent plus ou moins tacitement. Ces analyses pragmatiques des usages discursifs permettent de concrétiser la notion d’idéologie, dans le sens d’un ensemble de motifs organisant nos réponses a l’appel continu des valeurs. L’idéologie opère toujours sur le terrain ’vague’ qui joint l’espace privé a l’espace public, et elle opère avant tout dans le langage, faisant du sujet un conflit de paroles, une polyphonic. C’est ici que la sociologie institutionnelle peut s’allier aux défis que Volochinov, Medvedev et Bakhtine ont lancés a certaines théories psychologiques, linguistiques et esthétiques.
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How to Cite: Joostens, F. (1988) “De literaire ruimte: solipsistisch paradijs of sociale arena?”, Tijdschrift voor Sociale Wetenschappen. 33(2). doi: https://doi.org/10.21825/tvsw.94978